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Les expressions « ballons d’essai » et « écran de fumée » désignent deux ficelles bien connues utilisées par les autorités de toute nature. D’une part, annoncer des mesures plus violentes que celles réellement voulues, ou des mesures inapplicables, afin d’observer les réactions et voir jusqu’où il semble « possible d’aller ». D’autre part, mettre l’accent sur quelques mesures pour tenter d’en cacher d’autres, bien plus significatives. Enfin, ouvrir des négociations et faire mine d’abandonner certaines mesures irréalisables ou qui ne sont pas voulues en réalité, mais pas l’essentiel du projet contesté dont il est question.

En faisant peur, en détournant l’attention sur quelques points pour cacher tous les autres, en soufflant le chaud et le froid, les tenants de telles pratiques cherchent à limiter voire empêcher les voix discordantes, et ainsi imposer plus facilement leurs politiques.

Est-ce ce que cherchent les exécutifs de Brest et Brest Métropoles dans le cadre de la préparation de leur plan austéritaire ?

1. Des mesures qui semblent difficilement envisageables…

 

Parmi les mesures rendues publiques dans la presse et les réseaux sociaux qui sont envisagées pour ce plan austéritaire, certaines semblent difficilement réalisables, au plan « technique » ou au plan politique.

Ainsi de la mesure no 47 (p. 67 du document rendu public de Brest et Brest Métropole), qui prévoit une « mutualisation [entre Penn Ar Jazz et] la Carène afin d’obtenir la labellisation SMAC » pour la Carène, et ainsi justifier « l’arrêt [total !] de la subvention à Penn Ar Jazz ». De même, d’autres mesures, comme la fermeture d’une bibliothèque (mesure no 33, p. 50), ou le caractère payant des TAP (mesure no 8, p. 22), apparaissent si violentes, si emblématiques (deux reniements de promesses passées), qu’il semble s’agir de ballons d’essai.

 

2…. et un document qui est assez hétérogène.

Par ailleurs, certains sont tentés de mettre en avant des mesures comme la diminution de la durée du feu d’artifice du 14-Juillet (mesure no 77, p. 106) ou l’arrêt du financement des décorations de fin d’année (mesure no 32, p. 49). Ces quelques mesures servent-elles d’écran de fumée, afin de camoufler les autres propositions déclinées dans le document, qui en compte 118 en tout ?

Elles sont en effet anecdotiques par rapport au reste du plan, qui comprend par ailleurs, et surtout, diminution des horaires d’accueil des usagers en mairie (mesures pp. 99, 110 et 111), « optimisation »-affaiblissement du réseau du transport public (mesure no 53, p. 76), ou encore suppression de la billetterie sociale, diminution du parc de logements géré par le CCAS, et réduction voire suppression du service de portage de repas (mesures p. 118), etc.

 

3. Le flou comme stratégie volontaire ?

Il apparaît difficile de déterminer si ce sont les exécutifs de Brest et Brest Métropole qui ont fait fuiter subrepticement le document de travail « strictement confidentiel » des collectivités dans le but de lâcher un ballon d’essai, comme l’a presque laissé entendre François Cuillandre lorsqu’il s’est étonné que le document n’ait pas été publié plus tôt dans la presse.

De même, il est impossible de connaître les véritables intentions des membres des exécutifs de Brest et Brest Métropole, tant leurs déclarations sont fluctuantes. Ainsi, en janvier 2016 Bernadette Abiven affirmait encore que « Certaines collectivités font le choix d’arrêter des pans entiers de leurs politiques. Ce n’est pas notre choix ». Après la révélation de la préparation du plan austéritaire, elle a déclaré lors du Conseil municipal de Brest du 8 décembre 2016 que « l’austérité n’est pas le sujet. Il s’agit de moderniser les services publics ». Il suffit pourtant de lire le document pour s’apercevoir que se cache une liquidation des services publics et des politiques publiques derrière cette prétendue « modernisation »…

 

* * *

Les déclarations contradictoires, la pratique du secret ou du refrain de commerce, ne permettent pas d’établir un sentiment de confiance avec les exécutifs de Brest et Brest Métropole.

Il est important de ne pas s’arrêter aux mesures ayant été révélées sur les réseaux sociaux et dans la presse, le document les contenant n’étant qu’un « document de travail » datant déjà de septembre 2016. Mais il est aussi essentiel de résister à tout attentisme sous ce prétexte. En effet, derrière les éventuels ballons d’essai et écran de fumée des exécutifs de Brest et Brest Métropole, le choix de l’austérité est clair.

Ballons d’essai et écran de fumée

La pétition « Pour que Brest vive ! »

Agissons ensemble :

453 signatures

Pour que Brest vive !

Les exécutifs de Brest et Brest Métropole projettent d'imposer un plan austéritaire. Ce plan attaquerait durement le personnel des collectivités, les associations, la population.

Signataires de la présente pétition, nous sommes solidaires de l’ensemble du personnel et des associations de Brest et de Brest Métropole ; nous dénonçons l’absence de recherche d’une alternative et le choix conscient des régressions sociales ; nous exigeons le retrait de tout plan austéritaire ; nous réaffirmons notre volonté de maintien et de développement du service public et des politiques publiques, pour le bien de tous.

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